Témoignage #5: Mon combat vers l'acceptation de soi

| En l'honneur de la semaine nationale de sensibilisation aux troubles du comportement alimentaire se déroulant du 1er au 7 février, je vous partage à chaque jour le témoignage d'une personne ayant souffert auparavant ou qui souffre présentement d'un trouble alimentaire. En espérant que ces messages plein d'émotions et qui viennent du coeur vous aideront à décomplexifier cette maladie malcomprise, à mettre des mots sur une souffrance que peut-être vous éprouvez vous-même et à donner espoir comme quoi que la guérisson est possible et ô combien apaisante. Bonne lecture ♥ |





Depuis maintenant quatre ans, je souffre d’un trouble du comportement alimentaire. Depuis maintenant quatre ans, je souffre tous les jours en silence. Depuis maintenant quatre ans, je suis terrifiée à l’idée d’exposer mes plus grandes vulnérabilités. Mais me voilà aujourd’hui, à braver mes plus profondes peurs, afin de vous écrire ces quelques mots qui vous permettront de mieux comprendre mon histoire.


Ma relation avec la nourriture et mon corps a commencé à changer lorsque j’avais 19 ans. Encore à ce jour, j’ignore pourquoi j’ai développé cette relation malsaine avec la nourriture ainsi qu’avec moi-même. Néanmoins, ce que je sais avec certitude, c’est qu’au départ, je croyais que mon obsession pour la nourriture était légère. Ainsi, je la banalisais pour m’éviter d’admettre que je commençais à souffrir d’un trouble du comportement alimentaire. Évidemment, je sous-estimais l’emprise que cette obsession allait détenir sur ma vie. En effet, avec le temps, cette obsession s’est sournoisement et solidement ancrée dans ma vie. Elle est ainsi devenue celle qui contrôle mes actions, celle qui est maîtresse de mes pensées, celle qui me prive de ma liberté, de ma spontanéité et de ma santé. Elle est devenue celle qui m’empêche de mordre dans la vie avec plaisir et sérénité.


J’ai longuement refusé d’admettre que je souffrais d’un TCA. Certes, j’étais consciente que ma relation avec la nourriture et mon corps n’était plus saine, mais je n’étais pas prête à en parler, à l’accepter. Je préférais nier, refouler mon problème par peur de l’affronter. Je refusais de l’affronter, car je n’étais pas encore assez forte. Je n’avais pas encore le courage d’être honnête à mon égard. Je n’avais pas encore le courage de me rendre aussi vulnérable, et ce autant à mes yeux qu’aux yeux d’autrui. Je n’avais pas encore le courage de dévoiler au grand jour mes plus grandes peurs et vulnérabilités. Depuis quelques mois, j’apprends et je m’efforce à accepter ma réalité. J’apprends à m’accepter dans mon trouble et à accepter que j’aie besoin d’aide.


Je suis consciente qu’il me reste énormément de travail à faire avant d’être totalement guérie, mais j’entame mon processus de guérison avec courage et volonté. Certes, je sais que mon cheminement vers la guérison sera probablement parsemé d’embûches, de doutes et de craintes, mais j’ai confiance. J’ai confiance que j’arriverai à surmonter mes plus grandes peurs, car je désire plus que tout retrouver la version de moi-même qui était équilibrée, libre, en paix et en santé. Je désire être capable de renouer avec moi-même afin d’avoir, à nouveau, une relation saine avec la nourriture et mon corps. Je désire apprendre à m’aimer telle que je suis.

En cette semaine de sensibilisation, j’aimerais dire à tous ceux qui souffrent actuellement d’un trouble du comportement alimentaire que vous n’êtes pas seuls. J’aimerais vous dire qu’un jour, vous trouverez la force et le courage de vous départir de ce lourd fardeau. J’aimerais vous dire que vous êtes beaux, et ce autant dans vos qualités que dans vos plus belles imperfections. J’aimerais vous dire d’arrêter de vous comparer ou d’accorder une trop grande importance au regard d’autrui. J’aimerais vous dire que c’est correct de tomber pour mieux se relever.


Je vous souhaite d’apprendre à vous accorder la liberté et la possibilité de renouer avec vous-mêmes. Je suis de tout cœur avec vous et j’espère sincèrement que ces quelques mots auront, d’une manière ou d’une autre, apaisé une certaine souffrance en vous. Bon courage.


Anonyme